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 Agnès (narration longue): les masques de minuit.

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Thierry
Artiste torturé isolé à Dunwich
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MessageSujet: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Sam 19 Nov 2016 - 22:44

Carte achetée à la suite du Rassemblement: Statue grotesque.

Main de départ (après mulligan):
-Etude des arcanes.
-Courage inattendu.
-Attiré vers la flamme.
-Chanceux.
-Flétrissement.

Une main presque parfaite: du combat, une découverte automatique d'indices, du bonus aux jets de tous types avec le courage inattendu et le chanceux. Partons à la chasse aux cultistes...en mode standard.


Lita n'avait parlé qu'avec réticence au début : ce qu'elle avait vu d'Agnès au cours de sa confrontation avec le prêtre rouge et le fait qu'elle ait refusé de brûler sa demeure lui restait manifestement sur le cœur et ne l'incitait pas aux confidences. Mais elle avait peur, si visiblement peur qu'elle ne cherchait même pas à le cacher, et elle était prête à chercher de l'aide n'importe où, même, songea Agnès, auprès d'une femme qui venait de réduire un monstre de deux mètres à l'état de viande pour hamburger. Surtout auprès de cette femme-là, en fait.
    Lita parla des goules, de leurs mœurs cannibales et nécrophages ; elle assura que ces créatures erraient par dizaines dans les bas-fonds d'Arkham et que si elles n'avaient pas encore envahi la surface, c'était d'abord parce que plusieurs individus, vénérant le sinistre dieu tutélaire de ces monstres, les nourrissaient de cadavres ou, à l'occasion, de malheureux bien vivants. Ceci éclairait d'un jour nouveau les découvertes de corps mutilés dans la forêt proche.
    « Récemment, poursuivit Lita, les goules ont été plus actives que d'habitude et il est devenu très difficile pour les membres du culte de les rassasier...difficile et dangereux. J'ai fait de mon mieux pour empêcher ces créatures de se déchaîner à travers la cité, mais je pense qu'il se prépare quelque chose de bien pire : je redoute que les cultistes aient prévu de faire appel au sombre maître des goules. Si cela devait se produire... »
    Lita était d'une pâleur lunaire en prononçant ces mots. Agnès pensa qu'elle ne lui disait pas tout sur ces relations avec ce culte, ni sur ce qu'elle risquait vraiment...mais cela ne changeait pas grand-chose : la ville semblait courir un réel danger.
    « Dites-moi ce que vous savez. »

    Moins d'une heure plus tard, Agnès disposait de toutes les informations que la zélatrice avait bien voulu lui donner : des lieux, des noms, des soupçons, des rumeurs, presque des ragots. En temps normal, Agnès n'aurait pas prêté plus d'attention à ces élucubrations que si elles étaient sorties de la bouche d'un ivrogne. Mais plus rien n'était normal. Lita était partie, aucune des deux femmes ne se sentant capable de vraiment faire confiance à l'autre. Agnès se dit que si elle devait faire quelque chose, elle aimait autant le faire seule.
    À supposer qu'elle fut seule.
    Elle chercha vaguement la présence de l'autre, partagée entre la crainte et l'envie de la découvrir, un peu comme on tâte de la langue pour trouver une dent malade. Elle était insaisissable, ou si étroitement mêlée à elle-même qu'elle en devenait indiscernable. Il fallait bien qu'elle fût là pourtant, sinon, comment expliquer le sang-froid dont Agnès faisait preuve depuis presque une heure ? Elle entendit sonner dix coups au beffroi de l'église et sursauta. Elle n'avait pas de temps à perdre : selon Lita, le rituel devait avoir lieu à minuit. Il lui fallait découvrir les plans des cultistes avant cette échéance. D'un pas décidé, elle entra dans sa maison, sans même noter que la porte s'était ouverte toute seule.


Dernière édition par Thierry le Ven 10 Mar 2017 - 22:17, édité 1 fois
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Thierry
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Sam 19 Nov 2016 - 23:09

Tour 1

Actions du tour:
1- Ressource + pioche grâce au lieu "Votre maison" : Attiré vers les flammes (bon, ça en fera deux...).
2- Enquêter (0): succès.
3- Déplacement vers le quartier sud (société des historiens).

Pioche: Lumière aveuglante.


Elle ne resta que quelques minutes dan sa demeure, le temps de rassembler deux ou trois affaires. Machinalement, elle rangea une chaise dans le salon, poussa du pied une tête à la mâchoire proéminente, songea qu'elle en aurait pour des heures à nettoyer les traces de la nuit, s'étonna de ne pas se sentir plus affolée que cela.
« Je ne suis pas du genre à m'affoler. »
Elle savait qu'il était désormais inutile de chercher à savoir qui avait pensé cela. C'était forcément elle, en partie.
Un signe sur le sol du salon attira son attention. Il avait été tracé avec le sang des goules. C'était un symbole ésotérique qui évoquait quelque chose à Agnès : un souvenir ancien, qui ne lui appartenait qu'en partie, et un autre souvenir beaucoup plus récent. Agnès passait devant la maison des historiens en se rendant à son travail et elle était certaine d'avoir vu ce signe gravé sur un des piliers de la vénérable institution. C'était une piste au moins aussi valable que celles proposées par Lita, et elle pouvait être sur place en quelques minutes. Elle ôta et plia soigneusement son manteau avant de le déposer sur une chaise : la température était plus que douce à l'extérieur en cette fin d'été, et elle avait envie de sentir l'air du soir sur sa gorge et sur ses bras. Enfin, elle supposait que c'était elle qui en avait envie...
La porte se referma derrière Agnès. Elle se dirigea vers le quartier sud, presque en chantonnant. Les demeures mansardées des classes moyennes succédèrent rapidement aux demeures plus modestes du quartier d'Agnès. Elle passa devant l'église méridionale et prit la venelle derrière la pension de Ma pour gagner un peu de temps. Ce fut là qu'elle eut pour la première fois la sensation fugace d'être observée. Elle s'arrêta, inspecta du regard les ombres alentours...mais rien ne lui parut suspect ou inquiétant. En réalité, elle ne pouvait se défaire de l'impression légèrement euphorisante que c'était elle le danger. En haussant les épaules, elle poursuivit sa route et arriva bientôt devant l'imposant manoir de style géorgien qui abritait la société des historiens, célèbre pour sa bibliothèque privée. Jamais Agnès n'avait franchi la porte de ce bâtiment mais elle grimpa légèrement les trois marches, effleura le signe gravé sur le pilier et sonna...
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Synesios
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Sam 19 Nov 2016 - 23:50

J'ai hâte de voir la statue grotesque en action Smile

J'aime bien comment tu raconte tes parties.
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Thierry
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 25 Nov 2016 - 13:13

Tour 2

Fatalité +1 (1/6)
Renforcement: mystèrieuse mélopée (acolyte dans le quartier de la rivière).

Actions du tour:
1: Pose du flétrissement.
2: pioche de trois cartes (action du lieu): Hypocondrie (super...), Initiée aux arcanes, Sort de protection (Ah! ça c'est bon!)
3: Enquêter (-1) + chanceux : succès.

Pioche: "Regardez ce que j'ai trouvé!"


Tandis qu'elle attendait sur le perron, elle vit une étrange lueur fantomatique s'élever du côté du quartier de la rivière et il lui sembla distinguer, portée par le vent tiède, une mélopée mystérieuse. Un obscur sixième sens l'avertit que ce qui se passait là-bas était en lien avec les événements de la nuit et elle fut tentée de se diriger immédiatement vers les quais de chargement, à quelques centaines de mètres. De toute façon, la Société des historiens devait être fermée à cette heure. Elle avait déjà redescendu deux marches quand elle entendit la porte s'ouvrir derrière elle et une voix juvénile l'interpeller :
« Vous ne croyez pas que vous avez passé l'âge de faire des farces ? »
Elle avait à peine vingt ans et tous les signes caractéristiques d'une étudiante de bonne famille : cheveux roux bien coiffés et retenus par un bandeau d'argent, jupe blanche du meilleur tailleur des quartiers nord et un gilet rouge sans manches avec l'écusson de l'université Miskatonic. Elle tenait encore ses lunettes à la main et semblait contrariée. Agnès revint vers elle.
« Ce n'était pas une farce. J'ai cru qu'il n'y avait personne. »
« A cette heure-ci ? Vous m'étonnez. »
Le ton moqueur fit passer des démangeaisons au bout des doigts d'Agnès. Elle serra le poing et se força à sourire.
« Je souhaitais seulement obtenir quelques renseignements sur les gravures des piliers. Ont-elles une signification particulière ? »
L'étudiante haussa les sourcils, remit ses lunettes et détailla la jeune femme de haut en bas. Elle eut un sourire méprisant :
« Pourquoi ? Vous voulez apprendre à lire ? »
Agnès dut serrer les deux poings cette fois et retenir le sort qui lui brûlait les doigts. La voix remonta à la surface de ses pensées, comme un bloc de glace du fond d'un verre :
« Laisse-moi juste lui arracher une main... »
L'étudiante recula d'un pas en pâlissant : manifestement, songea Agnès, ce qu'elle voyait n'était pas rassurant. Elle débita très vite :
« Ces signes sont là depuis longtemps. Personne ne connaît leur sens. Mon professeur d'anthropologie vous en dirait peut-être plus : il s'y est intéressé ces dernières semaines. »
« C'est lui qui vous a envoyé travailler ici ce soir ? »
« Oui, en urgence disait-il. Des renseignements sur des peuplades cannibales... »
« Son nom ? Et où puis-je le trouver ? »
« Warren...Peter Warren. Il ...il travaille beaucoup. À cette heure-ci, il est sans doute encore à l'université. »
Agnès fit un pas vers l'étudiante pétrifiée, tendit la main. Du bout des doigts, elle remit une mèche rousse en place derrière l'oreille de la jeune fille. Il y eut une odeur de cheveux brûlés.
« Vous devriez rentrer chez vous maintenant,...mademoiselle... »
Elle fit volte-face et se dirigea vers le quartier de la rivière.
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Thierry
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 25 Nov 2016 - 13:45

Tour 3

Fatalité +1 (2/6)
Renforcement: Brouillard couvrant (le deck de rencontre est avec moi!)

Actions du tour:
1: Déplacement vers le quartier de la rivière. Engagée au combat par l'acolyte.
2: Flétrissement (-2): mort de l'acolyte.
3: Révéler un cultiste pour 2 indices: Peter Warren / université Miskatonic.

Pioche: Sans peur. 9 cartes en main. Défausse de l'initiée aux arcanes.

Agnès marchait d'un bon pas malgré le brouillard épais qui se levait autour d'elle. Les lambeaux de brume erraient en dépit de toute logique, enlaçaient les bâtiments, semblaient vouloir s'infiltrer par les fenêtres. Les becs de gaz n'étaient plus que de faibles lueurs fantomatiques et il s'en fallut de peu, malgré sa connaissance du quartier, qu'Agnès se perdît dans les ruelles. Elle déboucha finalement dans la zone des entrepôts fluviaux et constata avec un certain soulagement que cet étrange brouillard ne couvrait pas le fleuve ni ses environs immédiats. La Miskatonic était étrange : l'eau épaisse gargouillait et se ridait à plusieurs endroits comme si quelque chose se déplaçait sous sa surface. La jeune femme jugea plus prudent de s'en éloigner de quelques mètres. C'est là qu'elle aperçut une silhouette familière : la jeune étudiante de la société des historiens courait dans les ombres en regardant nerveusement autour d'elle, et manifestement en direction de l'université.
    Agnès décida de la suivre, à peu près convaincue que cette gamine hautaine la mènerait directement au professeur Warren. Curieusement, sa filature l'entraîna vers les quais et plus particulièrement vers un modeste entrepôt dont l'étudiante ouvrit la porte, non sans avoir encore fébrilement observé les alentours. Agnès se renfonça dans l'ombre d'une pile de caisses puis traversa la rue et alla jusqu'à la porte qu'elle ouvrit aussi discrètement qu'elle le put. L'entrepôt était encombré de ballots divers, beaucoup d'entre eux portant des feuilles de transit couverts d'alphabets orientaux. Un murmure guida la jeune femme jusqu'au centre du bâtiment. Un coup d'oeil prudent entre deux caisses lui permit de voir l'étudiante en grande discussion avec un homme encapuchonné. Elle semblait extrêmement nerveuse :
    « Je vous dis qu'elle avait l'air dangereuse...je ne sais pas comment vous l'expliquer. »
    « Et vous lui avez donné le nom du professeur Warren ? »
    « Ecoutez, j'ai voulu gagner du temps ! Si nous nous dépêchons, nous pouvons l'intercepter avant qu'elle arrive à l'université ou qu'elle trouve le professeur. »
    L'homme mit la main sous son manteau, hocha nerveusement la tête :
    « Vous avez paniqué...vous êtes faible... »
    Agnès cria mais trop tard : le couteau avait jailli et était déjà enfoncé jusqu'à la garde dans la poitrine de l'étudiante. Elle glissa au sol, une expression de surprise et de douleur sur le visage. Alerté par le cri, l'homme arracha le couteau du corps et se retourna. Le sort le frappa avec une telle violence qu'il fut soulevé du sol et projeté contre une pile de palettes. Son corps fut démembré et dispersé entre les lattes de bois, les colorant en rouge. L'écho de ses cris résonnait encore entre les murs quand Agnès baissa ses mains tremblantes.
    « Tu devrais t'habituer, petite. Je suis sûre que la nuit sera sanglante... »
    « La ferme ! Allons chercher ce professeur Warren. »
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Thierry
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 25 Nov 2016 - 14:26

Tour 4

Fatalité +1 (3/6)
Renforcement: Froid de la crypte (test avec le bonus d'un sans peur...je n'ai vraiment pas envie de perdre le flétrissement) (0). Succès.

Actions du tour:
1: Déplacement vers le cimetière (0). Succès.
2: Enquêter (crâne). Succès.
3: Enquêter (-2). Utilisation de "Regardez ce que j'ai trouvé!". Succès.

Pioche: Chanceux.


Par acquis de conscience, Agnès se pencha sur le corps de l'étudiante mais elle ne put que constater qu'elle était bien morte, probablement sur le coup. Quand elle était tombée, un portefeuille en cuir blanc s'était échappé de sa poche. Machinalement, Agnès l'ouvrit. Il contenait quelques papiers sans importance, une lettre pliée et une carte d'identité au nom d'Elisa Warren. Troublée par cette découverte, la jeune femme déplia la lettre et en parcourut les lignes, tracées d'une main ferme et dans une haute écriture :
« Ma chère nièce,
comme je te l'ai déjà dit, tes connaissances sont encore insuffisantes pour que je puisse proposer ton accession au rang d'acolyte. Songe que tu n'as pas fait tes preuves et que le secret dont nous entourons nos activités ne souffre aucune prise de risque. Je connais ton impatience mais c'est justement ce trait de ta personnalité qui nous interdit d'avoir toute confiance en toi, et puis disons-le, je ne te crois pas l'esprit déjà assez affirmé pour affronter certaines vérités. D'ailleurs, ai-je vraiment envie que tu en saches davantage ? Tu me traites comme un père depuis la mort de ma pauvre sœur et de son mari mais si je dois te traiter en fille, n'est-il pas de mon devoir de te préserver de certaines choses ? Je suis un vieillard et je n'ai plus rien à perdre mais toi, ta jeunesse est précieuse et tu peux encore avoir des illusions.
Crois ton vieil oncle : l'ignorance est une bénédiction.
Peter Warren. »
Agnès replia la lettre avec une certaine tristesse et la glissa dans sa poche avec la carte d'identité. Après une courte réflexion, elle récupéra aussi ce qui restait du couteau de l'acolyte : un fragment de garde au bout duquel le pommeau figurait une créature informe, drapée dans ses tentacules. Il lui sembla que l'objet était glacial et que le frisson de froid lui remontait jusqu'au cœur ; elle se hâta d'envelopper ce débris dans un mouchoir et de glisser également le tout dans la poche de sa robe Résolument, elle quitta l'entrepôt et se déplaça vers la colline de French Hill, nommée ainsi en l'honneur d'un bataillon français qui s'était fait massacrer sur place en 1780 pour protéger la fuite d'un groupe d'insurgés. Au pied de cette colline, le cimetière de la ville datait du dix-septième siècle mais les rumeurs allaient bon train sur le fait que c'était un lieu de funérailles bien avant l'arrivée des premiers européens. Pour l'heure, tout ce qui intéressait Agnès, c'était que la traversée du cimetière lui ferait gagner un bon quart d'heure pour arriver à l'université. Elle franchit les grilles occidentales en frissonnant : après tout ce qui s'était passé dans sa maison, elle craignait de voir des goules sortir de derrière chaque pierre tombale. Curieusement, il ne se passa rien du tout. Elle nota simplement que la modeste maison du fossoyeur, à l’extrémité orientale, était encore éclairée. Peu de temps après, elle était à nouveau dans les rues d'Arkham et elle avançait sans prendre conscience de l'ombre ailée qui planait au dessus d'elle...
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Thierry
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 25 Nov 2016 - 16:21

Tour 5

Fatalité +1 (4/6)
Renforcement: Sur les ailes des ténèbres (pion rouge...bon, de toute façon...). Echec. 1 dégât + 1 horreur + 1 horreur supplémentaire pour Hypocondrie. Déplacement jusqu'au quartier de la rivière.

Actions du tour:
1: Déplacement jusqu'à l'université. Engagement de Peter Warren.
2: Action discussion + 2 indices: Peter warren va dans la pile de vcitoire.
3: Attiré vers la flamme: pioche d'une ombre chasseresse (2 dégâts +1 horreur pour l'hypocondrie...ça c'est du tour sanglant!). Découverte des deux indices du lieu.

Pioche: Statue grotesque.



Ce qui s'abattit sur Agnès ne produisait pas plus de son qu'un fantôme, mais ses griffes étaient bien réelles. La jeune femme les sentit traverser le tissu de sa robe et entrer dans ses épaules et dans son dos. Elle cria de douleur, puis de terreur quand elle sentit qu'elle ne touchait plus le sol et quand, à une vitesse vertigineuse, elle vit les toits d'Arkham s'éloigner en dessous d'elle. Elle leva les bras, saisit à pleines mains deux membres osseux et puissants sous le cuir desquels elle sentait rouler des tendons annelés. Ce contact l'horrifia mais la pensée que la créature pouvait la laisser s'écraser à tout moment mobilisa toutes ses forces. Elle sentit que ses ongles entraient dans la peau sèche mais la bête eut à peine un frémissement tandis qu'elle survolait une boucle du fleuve. Pour rien au monde Agnès n'aurait levé la tête pour regarder l'aspect de son ravisseur : l'air fétide remué par les ailes silencieuses la mettait déjà au bord du vomissement, cela lui suffisait.
Soudain, la jeune femme s'aperçut qu'elle survolait les toits de l'université Miskatonic. Elle referma ses doigts aussi fort qu'elle put et tira vers ses épaules. Ses ongles descendirent dans la chair rare, se brisèrent, leurs bords effilochés déchirèrent des tendons. La bête ne poussa pas un cri mais elle sentit l'étreinte des serres se relâcher ; le toit plat était à peine à un mètre d'elle, avec une dernière secousse de tout le corps, elle se libéra et tomba lourdement. Instinctivement, elle s'allongea au sol, les mains sur la tête, dans l'attente d'une nouvelle attaque...mais il ne se passa rien. Quand elle osa regarder, elle ne put rien distinguer entre les quelques nuages et le vide entre les étoiles ne lui offrit aucun message qu'elle pût comprendre.
L'adrénaline courait encore dans ses veines, étouffant la douleur de ses blessures, mais Agnès eut un hoquet de terreur quand elle vit le sang verdâtre sur ses doigts et elle frotta frénétiquement ses mains contre sa robe, convaincue soudain que quelque chose d'horrible l'avait contaminée. Quand elle eut enfin dominé cette panique soudaine, elle se dirigea vers le bord du toit, déploya l'échelle d'incendie, non sans un certain vacarme, et descendit dans la cour de la vénérable institution. Elle y était à peine qu'une porte s'ouvrait dans la façade à sa gauche et qu'une silhouette voûté s'inscrivait dans le rectangle lumineux.
« Qui êtes-vous ? »
La voix était impérieuse et sèche. Agnès resta dans l'ombre pour répondre :
« Je cherche...le professeur Warren... »
« Que lui voulez-vous ? »
« ...sa nièce... »
Agnès eut un étourdissement, le goût de son propre sang lui remonta dans la bouche. Ses blessures étaient plus graves qu'elle ne le croyait et, l'excitation retombée, la douleur l'envahissait. Le regard troublé, elle vit la silhouette voûté s'approcher d'elle, distingua un visage ridé, un monocle, entendit une voix inquiéte :
« Elisa ? Qu'est-il arrivé à ma nièce ? Parlez ! »
« Je...suis désolée... »
A bout de forces, Agnès s'évanouit.
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Thierry
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 25 Nov 2016 - 18:40

Tour 6

Fatalité +1 (5/6)
Renforcement: ombre chasseresse (et merde...). 2 dégâts + 1 horreur (merci Hypocondrie!).

Actions du tour:
1: Déplacement vers l'hôpital.
2: Soins de 3 dégâts (action du lieu...il était temps, j'étais à l'agonie).
3: Révéler un cultiste pour 2 indices: Drew au centre-ville.

Pioche: flétrissement.


Elle se réveilla dans une chambre vivement éclairée, allongée dans un lit confortable. Pendant un instant, elle put avoir l'impression que tout ce qu'elle avait cru vivre n'avait été qu'un cauchemar et qu'elle était dans son lit, peut-être en retard même pour aller au travail.
Mais ce n'était pas sa chambre, et son lit n'avait jamais disposé de sangles comme celles qui liaient ses poignets et ses chevilles. Elle eut un mouvement violent de révolte, la structure métallique tressauta mais ne céda pas.
« Tenez-vous tranquille ! »
Le professeur Warren était assis à son chevet et la chambre était une chambre d'hôpital, tout ce qu'il y avait de plus classique. Agnès sentit la tension des pansements sur ses épaules, vit la seringue vide dans la main de l'universitaire.
« Vous m'avez soignée ?! »
« Non. Je vous ai emmenée jusqu'à l'hôpital Sainte Mary où on vous a soignée. Le docteur voulait qu'on vous laisse dormir mais je vous ai réveillée avec ceci. Vous et moi savons que ce n'est pas une nuit propice au sommeil. »
« Détachez-moi ! »
« Pas avant que vous m'ayez dit ce qui est arrivé à Elisa. »
« Vous le savez ! Le contenu de mes poches est sur cette table : votre nièce a été assassinée par un membre de votre culte. »
Les yeux du vieux professeur s'assombrirent et il parut soudain beaucoup plus âgé. Sa main tremblante reposa la seringue sur la tablette du lit et il s'abîma dans ses pensées, sans plus tenir compte des protestations d'Agnès. La jeune femme, voyant qu'elle n'obtenait aucun résultat, changea de tactique :
« Vous savez, il y en aura d'autres. »
Warren posa sur elle un regard aigu :
« De quoi parlez-vous ? »
« Des Elisa poignardées. Il y en aura d'autres. »
« Qui êtes-vous ? »
« Agnès Baker. Je travaille au Glenn's comme serveuse. »
Il se pencha vers elle, hostile :
« Une serveuse ? La maigre bête est venue pour vous et j'ai vu l'état du couteau ou plutôt de ce qu'il en reste. Vous êtes serveuse comme je suis ouvrier agricole. Qui êtes-vous ? »
« Je ne sais pas ! Mais pendant qu'on discute de ça, le temps passe. Libérez-moi et dites-moi ce que vous savez. »
Avec une sorte de lassitude, Warren défit les sangles qui retenaient Agnès mais son récit n'apprit pas grand-chose à la jeune femme. Elle comprit vaguement qu'il avait cru bien faire, qu'on l'avait convaincu que le seul but du culte était de protéger Arkham, mais il avait des doutes depuis longtemps, et maintenant...
« Qui sont les autres membres importants ? »
« Je l'ignore. Nous portons tous des masques pendant les cérémonies, et je crois que je leur étais utile mais qu'ils n'avaient guère confiance en moi. Drew pourrait vous en dire plus. »
« Qui est Drew ? »
« Ils ont fait des expériences sur lui. Maintenant, il est à l'asile d'Arkham. Je dois dire qu'il n'est pas toujours cohérent dans ses propos... »
Agnès grimaça en renfilant sa robe. Elle eut un regard de pitié pour la forme affaissée sur la chaise.
« Qu'allez-vous faire, professeur ? »
« Payer pour mes fautes, je suppose...Tenez, Agnès, ou qui que vous soyez. Cela n'a l'air de rien, mais c'est un puissant talisman. Vous en ferez meilleur usage que moi j'espère. »
Il lui tendit une statuette grotesque. Agnès la mit dans sa poche sans vraiment la regarder et sans vouloir prêter attention à la brusque excitation de sa compagne de pensées. Le temps pressait. Elle quitta sa chambre sans regarder en arrière.
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Thierry
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 25 Nov 2016 - 22:18

Tour 7

Fatalité +1 (6/6). Le chasseur masqué débarque et m'engage au combat.
Renforcement: un acolyte avec son marqueur fatalité qui s'installe dans le quartier de la rivière.

Actions du tour:
1: Combat flétrissement (-1). Succès.
2: Combat flétrissement (0). Succès.
3: Combat flétrissement ( rune...argh!). Utilisation de Chanceux. Succès. Mort du chasseur et +1 horreur pour Agnès.

Pioche: batte de base-ball.


Agnès sortit à temps pour entendre les derniers coups de onze heures retentir dans les rues. Une pluie fine tombait maintenant, sans réussir pour autant à rafraîchir l'atmosphère, mais c'était agréable malgré tout. La jeune femme se détendit un peu sous l'ondée en marchant rapidement vers le nord. Elle savait que son relatif bien-être dépendait largement de la morphine qu'on lui avait injectée mais elle n'en avait cure : elle voulait juste tenir cette nuit. Demain serait un autre jour, à supposer qu'il vienne ou qu'elle soit en état de le voir.
    Elle privilégiait les ruelles étroites par crainte de la chose ailée et empruntait des passages sinueux dans lesquels elle aurait hésité à s'aventurer en plein jour encore la veille. Franchement, une agression de rue lui paraissait ridicule désormais, presque souhaitable : ce serait tellement rassurant d'avoir affaire à un quelconque malfrat plutôt qu'à des choses qui semblaient sorties tout droit du cauchemar d'un aliéné !
    C'est pourquoi elle ne s'affola guère quand la silhouette en gabardine apparut dans la lueur d'un bec de gaz. Évidemment, l'éclat du large couteau lentement levé dans sa direction et le masque fait d'un crâne d'animal la crispèrent davantage. L'homme se rua vers elle avec une vélocité surhumaine et le couteau s'abattit en un éclair, droit sur sa gorge. La lame rebondit sur les cheveux qui s'étaient enroulés autour du cou ; une large mèche se déploya en fouet, fendit l'air, frappa l'inconnu en pleine poitrine, faisant jaillir le sang comme sous un coup de rasoir. Il grogna à peine, recula, disparut dans l'ombre de la ruelle. Agnès avait le souffle court et elle écarquillait les yeux pour distinguer son agresseur sans rien voir d'autre que le léger rideau de pluie. Elle s'adossa à un mur de brique, essayant de voir arriver la prochaine attaque.
    « Chasseurs, inquisiteurs et autres chiens, gronda la voix dans son esprit. Il croit se cacher d'une sorcière dans les ombres ? »
    Agnès eut la sensation que ses yeux prenaient feu. Le monde alentour changea de teinte, devint rouge, orange, jaune et se mit à clignoter. La pluie devint un rideau d'or et elle vit, à moins de deux mètres d'elle, la silhouette écarlate, la lame blanche comme un éclat de lune. Le chasseur se ramassa et bondit en silence, toujours avec cette étrange vivacité. Cette fois, Agnès ne chercha pas à retenir sa main : le sort s'élança comme un animal sauvage, arracha les deux jambes de l'agresseur qui s'effondra à plat ventre.
    « Seigneur ! songea Agnès. Il ne crie même pas. »
    Il se traîna vers elle sur ses avants-bras, laissant un sillage sanglant. Agnès se sentait au bord de l'hystérie devant un tel spectacle et, pour la première fois, la libération du sortilège lui apporta un réel soulagement.
    La ruelle menait à une importante artère de la cité qui conduisait tout droit à l'asile d'Arkham. Avant de s'y rendre, Agnès laissa longuement la pluie baigner son visage.
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Thierry
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 2 Déc 2016 - 12:39

Tour 8

Fatalité +1 (1/8
Renforcement: Porte verrouillée (sur l'hôpital...c'est bien: un tour de renforcement gratuit, je prends).

Actions du tour:
1: Pose du flétrissement (entre l'acolyte et Drew, je vais en avoir besoin).
2: Déplacement vers le quartier de la rivière. L'acolyte m'engage au combat.
3: Combat flétrissement (-2): succès et mort de l'acolyte.

Pioche: Initiée aux arcanes.


La surface de la rivière était hérissée par les gouttes de pluie ; la jeune femme croyait y distinguer des dos écailleux, des sinuosités qui allaient contre le courant, des mouvements étranges et inquiétants. Les nuages n'étaient pas plus rassurants, leur obscurité frangée d'une lueur verte semblait cacher l'entrée d'un autre monde infiniment inquiétant et Agnès n'aimait pas lever la tête pour les regarder ; elle le faisait pourtant : l'horreur ailée n'était sans doute pas loin et elle ne voulait pas être à nouveau prise au dépourvu, enlevée dans les airs, peut-être précipitée dans une chute dont ses nouveaux pouvoirs ne la protégeraient pas.
    Elle hâtait le pas, s'interrogeant vaguement sur la manière dont elle pourrait rentrer dans l'asile à une heure si tardive. Peut-être aurait-elle dû prendre le temps d'informer quelqu'un ? Il y avait bien cet agent fédéral qui passait régulièrement au bar, Roland Banks...il était sympathique et elle aurait pu...
    Elle haussa les épaules en poussant un soupir. Elle aurait pu quoi ? Elle s'imaginait lui dire, en lui servant son café (noir, sans sucre) : « Bonsoir Roland. Au fait, ma maison a été envahie par des créatures cannibales au cours d'un épisode mystique qui m'a obligée à détruire plusieurs d'entre elles par l'intermédiaire d'un pouvoir probablement maléfique qui les réduit en pulpe sanglante. Du coup, je suis à la poursuite de plusieurs citoyens de la cité qui sont en réalité des cultistes d'un dieu très ancien et non-humain dont le réveil pourrait conduire à la destruction d'Arkham. Vous pourriez m'aider ? Ah, et les sandwichs au poulet sont en promotion cette semaine. »
    « Pourquoi pas ? Il est joli garçon... »
    « Je vous ai dit de la fermer ! »
    En pleine discussion intérieure, Agnès ne se rendit pas compte qu'une ombre se détachait d'un renfoncement de mur pour se glisser derrière elle. Elle sentit deux fortes mains se refermer sur son cou et la tirer en arrière. Par pur réflexe, elle saisit les deux poignets de l'homme dans ses propres mains mais elle n'avait pas la force nécessaire pour desserrer cette étreinte qui lui écrasait la gorge. Elle chercha à griffer mais il avait une sorte de manteau épais qui protégeait ses avants-bras. Suffoquant, elle tomba à genoux puis sur le dos, ses gestes étaient de plus en plus faibles. L'homme se pencha sur elle en accentuant son étranglement.
    Agnès lança ses mains au-dessus d'elle, saisit le visage. Il y eut un bruit de grésillement et une odeur de chair brûlée aussitôt suivis d'un hurlement. La pression sur son cou disparut, l'homme tituba en arrière, le visage en feu, bascula par dessus une rambarde, chuta dans la rivière. Il y eut d'abord le bruit du corps tombant dans l'eau, puis, presque aussitôt, un fracas d'os brisés, un mâchonnement hideux.
    Et puis plus rien.


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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 2 Déc 2016 - 13:26

Tour 9

Fatalité +1 (2/ 8
Renforcement: Ombre chasseresse. Sort de protection (aucune envie de me prendre deux dégâts avant d'affronter Drew!!). 1 point d'horreur.

Actions du tour:
1: Déplacement vers le centre-ville (asile). Drew m'engage au combat.
2: Combat flétrissement + attribution initiée des arcanes (signe des anciens): succès.
3: Combat flétrissement + attribution étude des arcanes (-1): succès et défaite de Drew.

Pioche: Perception (c'est un peu tard...)


La douleur persistante du cou se mêlait à celle des blessures des épaules qui revenait : la morphine commençait à ne plus faire effet, ou peut-être que les courses sous la pluie et les combats contre des cultistes ivres de sang n'étaient pas la convalescence la plus adaptée. Agnès s'éloignait maintenant de la rivière, ce qui lui convenait tout à fait après ce qu'elle avait entendu. La silhouette trapue et sinistre de l'asile d'Arkham se dessinait derrière la haute grille en fer forgé. Escalader cette dernière ne fut pas trop difficile mais, alors qu'elle traversait la cour, Agnès sentit distinctement la menace d'une présence. Une silhouette ombreuse s'approchait calmement, inéluctablement. Elle semblait glisser plus que marcher et on distinguait les choses à travers elle...mais ses mains griffues semblaient des plus réelles.
    « Ta main et ta voix ! Vite ou tu meurs ! »
    Agnès ne chercha même pas à discuter : la menace était si tangible que toute sa peau se hérissait. Elle abdiqua toute résistance et laissa faire l'autre. Sa main gauche traça sur le sol inondé un signe compliqué qui laissa une marque de feu pourpre. La voix qui sortit de la gorge d'Agnès avait des inflexions d'outre-tombe :
    « Magna Mater, quitolis pecata homine, tuetur me ! »
    Il n'y eut rien de spectaculaire. L'ombre hésita, s'arrêta puis parut se fondre dans la nuit, disparaître sous la pluie. Ses griffes se levèrent en direction d'Agnès et se dissipèrent en un sombre scintillement.
    Il fallut à la jeune femme un effort violent pour reprendre le contrôle de son corps et cette brève sensation lui parut aussi terrifiante que le danger auquel elle venait d'échapper. Sans tarder davantage, elle courut jusqu'au bâtiment. Elle fit le tour des portes, finit par en trouver une qui était ouverte et qui donnait sur la buanderie. Plus loin, l'infirmière de garde dormait. Agnès put consulter la liste des aliénés sur son registre et constater que Drew était enfermé dans une aile très isolée. Elle s'empara des clés, suivit les indications des plans affichés sur les murs, trouva la cellule. La clé tourna sans bruit dans la serrure mais le verrou grinça un peu. Quand Agnès poussa la porte, elle vit deux yeux jaunes qui l'observaient du fond de la pièce. Une voix grondante l'accueillit :
    « Vous êtes l'une des leurs ! »
    Il avait des mains puissantes, des crocs de loup, les pupilles fendues et une pilosité développée, ce qui était heureux car il ne portait aucun vêtement. Chose étrange, Agnès lut de la peur dans son regard. Quand il attaqua, les cheveux se déployèrent comme ils l'avaient fait pour le prêtre rouge ; comme pour lui, ils l'enlacèrent, se resserrèrent...mais Agnès n'autorisa pas sa mort. Pour la première fois, elle réussit à imposer sa volonté à l'autre. Elle se sentit maîtresse de cette arme, maîtresse d'elle-même :
    « Je ne suis pas l'une des leurs. Je suis contre eux. »
    L'homme-loup gémissait, terrifié. Toute sa force ne servait à rien contre la camisole soyeuse qui l'emprisonnait.
    « Dis-moi où les trouver. Dis-moi où se déroulera le rituel. »
    « le rituel ? Le rituel ?! Non, non, il ne doit pas voir lieu, il ne faut pas ! »
    « Dis-moi où. »
    « Je ne sais pas ! Le fossoyeur, lui il sait. Empêchez-les ! »
    Agnès le redéposa sur son lit, presque avec délicatesse.
    « J'essaierai... »
    Elle referma la porte.


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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 2 Déc 2016 - 14:19

Tour 10

Fatalité +1 (3 sur 8
Renforcement: Porte verrouillée sur le centre-ville (le deck de rencontre est gentil avec moi...sauf que je voudrais bien récupérer les indices!)

Actions du tour:
1: Soin de 3 points d'horreur (capacité du lieu).
2: Pose de la statue grotesque (enfin...mais jusque là, je n'avais vraiment pas une action à perdre).
3: Attiré vers la flamme (je les aurai quand même mes indices!). Pioche d'un acolyte que je place dans le quartier nord: je ne crois pas avoir le temps de m'occuper de lui alors autant qu'il ne soit pas dans mes pattes). Je récupère les deux indices de l'asile.

Pioche: Héritage d'Hyperborée.


Elle ne prit pas la peine de repasser par le poste de garde : la première porte venue lui permit de rejoindre l'extérieur. Il était temps : l'infirmière avait dû se réveiller et constater l'intrusion, si bien que quand Agnès franchit à nouveau la grille, de nombreuses fenêtres étaient déjà éclairées et plusieurs personnes commençaient à inspecter la cour. La jeune femme s'éloigna tranquillement dans la rue sans être aperçue par quiconque.
    La pluie s'était calmée. Agnès se sentait bien. Elle n'avait tué personne cette fois et cette certitude lui conférait une tranquillité inattendue encore renforcée par la manière dont elle avait imposé sa volonté à l'autre. Après tout, peut-être leur serait-il possible de vivre l'une avec l'autre.
    « Parce que tu penses avoir le choix ? Je ne suis pas avec toi, petite, je suis une part de toi. »
    « C'est absurde. »
    « Cela te paraît absurde après tout ce que tu as vécu ce soir ? Tu ne serais pas un peu bornée ? »
    « Comment pourriez-vous... ? »
    « Je suis ton ancêtre. J'ai vécu sous des tas de noms et d'identités, la plupart ayant été rayés des archives. Je reviendrai toujours tant que mon sang existera quelque part dans le monde. »
    « Vous m'avez dit que vous vous appeliez Mary. »
    « J'ai adoré être Mary Bathory...mais cela ne m'empêche pas d'en avoir été beaucoup d'autres. J'ai plus de savoirs et de pouvoirs qu'on ne peut en accumuler sur une vie humaine mais je dépends de toi. Ta volonté est trop forte pour que je te domine et que je t'efface. »
    Agnès eut un frisson :
    « Sinon, vous l'auriez fait. »
    « Evidemment ! Il va falloir qu'on se mette d'accord quand cette nuit sera passée. En attendant, fais-moi plaisir et sors de ta poche la statuette que ce vieux fou t'a donnée...il n'a aucune idée de son pouvoir réel. »
    Agnès fit ce que Mary lui demandait. La statuette représentait un être grotesque, replié sur lui-même et dont les traits humains cachaient à peine la bestialité. La pierre en était grise et froide et donnait une impression d'incroyable ancienneté. Des milliers de doigts, des millions peut-être semblaient l'avoir effleurée. La tenir procurait un étrange bien-être.
    « L'incarnation même de la chance... »
    Pour la première fois, Agnès entendit une nuance de respect dans la voix désincarnée de Mary. Elle embrassa distraitement l'idole et la caressa longuement en se dirigeant pour la deuxième fois de la soirée vers le cimetière.
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 2 Déc 2016 - 14:41

Tour 11

Fatalité +1 (4/8 +1 pour l'acolyte: 5/8
Renforcement: Maigre Bête de la nuit chasseresse qui m'engage aussitôt.

Actions du tour:
1: Lumière aveuglante. Utilisation de la statue car il me reste peu de jets à faire normalement et je n'ai plus qu'une charge sur le flétrissement. (0/-4...j'ai bien fait!). Succès. Evasion + 1 dégât sur la maigre bête.
2: Dépense de deux indices pour révéler un cultiste: Collins au cimetière.
3: Déplacement vers le quai de la rivière.

La maigre bête se redresse.
Pioche: Instinct de survie.


Agnès aurait préféré ne pas repasser près de la rivière mais c'était encore le chemin le plus court pour rejoindre le cimetière et Lita avait insisté sur le fait que le rituel devait commencer à minuit. Elle avait l'esprit plus clair depuis sa courte conversation avec Mary, elle commençait d'ailleurs à s'habituer au fait de l'appeler par ce prénom. Elle avançait vite et gardait un œil circonspect sur tout ce qui pouvait sortir des ombres ou tomber du ciel à l'improviste. C'est ainsi qu'elle put éviter l'attaque silencieuse de la chose volante par un brusque saut de côté.
    C'était une créature particulièrement hideuse, même suivant les critères de la nuit. Ses ailes semblaient faites de vieux cuir et tout son corps était comme momifié. Cette maigreur ne donnait pourtant aucune impression de faiblesse : bien au contraire, elle bougeait avec vivacité et on la devinait capable d'emporter une bien plus lourde charge que la frêle Agnès entre ses serres qui griffaient le pavé de la rue. Elle n'avait aucun visage, seulement une masse informe de tentacules qui s'écartaient parfois pour dévoiler un vide terrifiant, le vide auquel l'humanité serait confronté chaque nuit si les étoiles disparaissaient.
    Quand Agnès recula d'un pas, elle avança d'autant, écartant un peu ses bras dans un crissement de chair sèche. Chacune des deux semblait attendre que l'autre fasse quelque chose.
    Agnès claqua des doigts :
    « Lux dolor. »
    La jeune femme avait pourtant fermé les yeux mais la lumière fut si vive qu'elle projeta au fond de sa rétine tout un spectacle d'ombres mouvantes. Un bruit frénétique d'ailes, de serres et de griffes dérapant sur le pavement lui indiqua que la maigre bête n'avait pas du tout apprécié le spectacle malgré son manque apparent d'organes de la vision. Quand Agnès regarda à nouveau, elle distingua une vague silhouette qui s'enfonçait entre les nuages mais elle ne douta pas qu'elle allait revenir et se glissa en hâte entre les maisons, courant vers French Hill.
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 2 Déc 2016 - 15:24

Tour 12

Fatalité +1 (5/8 +1 pour l'acolyte 6/8
Renforcement: Fausse piste. Renfort: fausse piste (ben voyons). Renfort: Brouillard couvrant.

Actions du tour:
1: Déplacement dans le cimetière (utilisation statue: tablette /-2). Succès.
2: Action discussion et défausse de quatre cartes pour mettre Collins dans la pile de victoire.
3: Action abandon (je ne crois pas avoir le temps de saisir un autre cultiste, surtout avec la maigre bête qui me course et l'acolyte qui me fait perdre un tour).

Fin du scénario
.



Le cimetière n'était pas plus rassurant qu'une heure plus tôt, surtout qu'il était envahi par le brouillard, mais les arbres étaient assez nombreux pour qu'Agnès puisse avancer à couvert d'une éventuelle agression venue des étoiles. Elle avait remarqué à sa première traversée que la maison du fossoyeur était éclairée mais elle ne l'était plus maintenant et Agnès craignit de l'avoir raté. S'il était déjà parti pour le rituel, comment faire pour rattraper la piste ? Elle vit alors l'ombre d'un homme, portant une pelle sur son épaule, sortir de la modeste demeure et allumer une lanterne sourde dont il referma presque aussitôt le clapet. L'individu se dirigea vers l'entrée d'une crypte proche et disparut dans ses profondeurs. Agnès compta jusqu'à vingt et se glissa à son tour dans le mausolée. L'état des niches et des cercueils qui les occupaient indiquait assez que plus personne n'avait été enterré ici depuis plusieurs dizaines d'années. La dalle centrale était levée et une échelle récente permettait de descendre vers ce qui ressemblait beaucoup plus à un tunnel qu'à un simple caveau. Une vague rumeur montait de ce trou inquiétant.
    Agnès descendit en silence et avança à tâtons. Le tunnel était assez étroit, elle en touchait les deux murs en écartant légèrement les mains. Ce qu'elle redoutait surtout, c'était de tomber dans une autre ouverture du sol, aussi tâtait-elle prudemment du pied avant de s'engager. Heureusement, elle n'eut pas à aller très loin, guère plus d'une centaine de mètres, avant d'apercevoir une lueur mouvante, probablement celle de la lampe de Collins. Le tunnel faisait un coude. Agnès glissa prudemment la tête et vit le fossoyeur, debout devant une grille incrustée dans le sol. Des cris affamés montaient d'en dessous, des cris qu'Agnès reconnut : elle en avait trop entendu dans sa maison un peu plus tôt. Collins avait ouvert une trappe et il laissait tomber dans la fosse des membres cadavériques provenant d'une réserve qu'il s'était constituée sur le côté. Il marmonnait en accomplissant ce macabre travail :
    « Du calme, du calme mes toutes belles...c'est le grand soir, oui, le grand soir. IL va venir, Il me changera, Il nous changera tous ! »
    Une jambe entière lui fut arrachée des mains par une patte griffue qui avait jailli. Il émit un ricanement, tout en poursuivant son monologue caquetant :
    « Dans la forêt, le rituel va Le libérer...et je serai libéré moi aussi. Et Arkham sera mon pandémonium, je régnerai sur les cadavres pour les siècles des siècles... »
    Il se retourna brusquement pour se trouver devant Agnès. La jeune femme s'était emparé de la pelle posée contre un mur du tunnel et avait avancé jusqu'à lui. Il poussa un cri sauvage mais ne bougea pas, comme hypnotisé.
    « Mary, que lui as-tu fait ? »
    « Si tu crois que c'est difficile de clouer ce genre de mâle sur place...et encore, tu aurais vu si tu ne t'habillais pas comme un sac... »
    Agnès choisit d'ignorer cette dernière remarque. Sans poser sa pelle, elle interrogea Collins :
    « Le rituel dans la forêt...dis-moi où exactement. »
    « Ou...oui, dame. La clairière au sud de la croisée des chemins. »
    « Les clairières ne manquent pas dans ce coin. Sois plus précis. »
    Collins n'eut pas le temps de répondre : une main griffue et avide saisit sa cheville. Il tomba avec un cri et avant qu'Agnès ait pu lui porter secours, il fut englouti dans le sol. Ses hurlements se perdirent au milieu d'un bruit sonore de mastications diverses.
    « Oups...dommage, hein ? »
    Agnès répondit froidement :
    « Non. »
    « Tu dois avoir raison. Tu aimes les forêts la nuit ? Moi, j'adore... »



Quatre cultistes capturés (5 points) et je finis avant minuit. Ruth Turner et Victoria Devereux m'ont échappé. 3 lieux à points de victoire complètement explorés: université, cimetière et centre-ville (3 points). Il me restait deux points non utilisés du scénario précédent.
Total: 10 points.

Achat de chanceux niveau 2 (2 fois 2 points) et de lumière aveuglante niveau 2 (2 fois 2 points) qui remplacent leurs versions de base dans le deck. Achat de "de justesse" qui vient remplacer instinct de survie (2 points).

En route pour la forêt!!


Dernière édition par Thierry le Ven 27 Jan 2017 - 16:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Ven 2 Déc 2016 - 15:30

Voilà, voilà. Vous constaterez que j'ai été bien servi par le deck de rencontre et par le sac chaos ainsi que par mon propre deck qui a presque systématiquement remplacé les moyens d'obtenir des indices au fur et à mesure que je les utilisais.

La statue n'a été utile qu'une fois. Bien que je l'aie piochée assez tôt, il m'a fallu plusieurs tours pour avoir une action libre et pouvoir la poser.
Vous me direz peut-être que j'avais encore le temps d'attraper un dernier cultiste (cinq, j'avoue que c'eut été beau) mais ça me paraissait très limite, surtout qu'il restait peu de cartes dans le deck de rencontre et que le mage du culte n'était pas encore sorti. Je ne voulais pas commencer la partie suivante avec le handicap de l'après-minuit.

J'attends vos remarques, si vous en avez, et je vais me consacrer au récit du dernier scénario de cette campagne...quand j'aurai un peu de temps.

Bon jeu à tous!
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Mer 21 Déc 2016 - 18:21

C'est bien de narrer la partie comme ça, c'est classe, ça donne une vie au jeu encore plus palpitante, même si l'on connaît l'arc narratif du scénario. Pour les remarques, il me semble que lorsque tu tires Renforts deux fois, tu ne tires pas une troisième carte. Bonnes parties!
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Jeu 22 Déc 2016 - 9:35

Si. Peu importe le nombre, renfort dit que tu en pioches une de plus.

Rules Reference a écrit:
Surge
Surge is a keyword ability.
After drawing and resolving an encounter with the surge keyword, an investigator must draw another card from the encounter deck.
• If a card with the surge keyword is drawn during setup, the surge keyword does resolve.
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Arti Figium
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   Jeu 22 Déc 2016 - 10:24

Ah oui, au temps pour moi, j'ai lu trop vite. C'est le passage où il dit "résolu" qui m'a mis dedans.
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MessageSujet: Re: Agnès (narration longue): les masques de minuit.   

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Agnès (narration longue): les masques de minuit.
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